{"componentChunkName":"component---src-templates-chapter-page-js","path":"/cours/Premiere/Partie-2-:-Sociologie-et-Science-Politique/Chapitre-5-:-l'opinion-publique","result":{"data":{"strapiCourse":{"slug":"Partie-2-:-Sociologie-et-Science-Politique","title":"Partie 2 : Sociologie et Science Politique","featured_media":{"childImageSharp":{"fluid":{"base64":"data:image/jpeg;base64,/9j/2wBDABALDA4MChAODQ4SERATGCgaGBYWGDEjJR0oOjM9PDkzODdASFxOQERXRTc4UG1RV19iZ2hnPk1xeXBkeFxlZ2P/2wBDARESEhgVGC8aGi9jQjhCY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2NjY2P/wgARCAAZABQDASIAAhEBAxEB/8QAGAAAAwEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAMEAQL/xAAVAQEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAf/aAAwDAQACEAMQAAABiZMxElIsYnU6FC//xAAdEAACAgEFAAAAAAAAAAAAAAABAgADEhAREyAx/9oACAEBAAEFAlPI1iV6ZCeFXVZvMoXPT//EABQRAQAAAAAAAAAAAAAAAAAAACD/2gAIAQMBAT8BH//EABQRAQAAAAAAAAAAAAAAAAAAACD/2gAIAQIBAT8BH//EAB0QAAECBwAAAAAAAAAAAAAAAAEAMQIQESEiIzD/2gAIAQEABj8CJjLutVZYq54f/8QAGxAAAwEBAAMAAAAAAAAAAAAAAAERITEQQVH/2gAIAQEAAT8hd80QoKKUvaTXSGIh4ZX30VNNXRKpg6UlGH4Y+n//2gAMAwEAAgADAAAAEMjE/f/EABcRAQEBAQAAAAAAAAAAAAAAAAARAVH/2gAIAQMBAT8QmdTUV//EABgRAAMBAQAAAAAAAAAAAAAAAAABERAx/9oACAECAQE/EE3OFLn/xAAfEAACAwABBQEAAAAAAAAAAAABEQAhMUEQUWGBkdH/2gAIAQEAAT8QU9K6ABcDwICGNQNG6gWyS9FzvTskcRxFAFsfMgyzsChnsRYIirWwJEMKZjywKWT96r//2Q==","aspectRatio":0.8012820512820513,"src":"/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/f0719/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg","srcSet":"/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/09c1a/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 125w,\n/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/84d81/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 250w,\n/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/f0719/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 500w,\n/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/faa31/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 750w,\n/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/724c8/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 1000w,\n/static/ce23a01c911023ce2bb19e6255aff056/0ff54/f7b8e27858fca1211c362ad6a131e47f.jpg 1200w","sizes":"(max-width: 500px) 100vw, 500px","maxHeight":625,"maxWidth":500}}},"chapters":[{"title":"Chapitre 3 : Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?","slug":"Chapitre-3-:-Quels-sont-les-processus-sociaux-qui-contribuent-a-la-deviance","content":"<ol><li>Qu’est-ce que la déviance&nbsp;?</li></ol><p>Définition&nbsp;: la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes.</p><p>Les normes sont des règles&nbsp;: elles peuvent être sociales ou juridiques (= une loi). Lorsque l’on transgresse une norme, qu’elle soit juridique ou sociale, c’est de la déviance, quand on transgresse une norme juridique c’est de la délinquance. La délinquance est donc une forme particulière de déviance</p><p>Par la socialisation, les acteurs sociaux transmettent les normes et les valeurs auxquelles les individus doivent se conformer. La société met en œuvre des mécanismes pour que les individus se conforment aux normes&nbsp;: cela s’appelle le contrôle social.</p><p>Le contrôle social formel est mis en œuvre par des institutions spécialisées (police, justice, école, église)</p><p>Le contrôle social informel est exercé par une pression diffuse de l’entourage, des amis, de la famille.</p><p>Dans les sociétés traditionnelles, où la solidarité est mécanique, le contrôle social s’exerce essentiellement au sein des groupes primaires (famille, voisinage, corporation,….) Ce contrôle social informel était puissant du fait des modalités de fonctionnement de la société (liens sociaux forts).</p><p>Dans les sociétés modernes, où la solidarité est organique, depuis les années 1960, le contrôle social informel s’affaiblit du fait de la montée de l’individualisme et de l’urbanisation : en réaction, la police et la justice sont de plus en plus sollicitées afin de réprimer les comportements déviants. Les institutions spécialisées de l’Etat étendent progressivement leur contrôle sur la vie des citoyens (ex relations conjugales, place de l’enfant,…)</p><p>Plus les relations sociales deviennent informelles, plus le contrôle social par des instances spécialisées tend à prédominer sur le contrôle informel exercé par les groupes primaires</p><ol><li>La déviance peut recouvrir des formes variées selon les sociétés et selon les groupes sociaux</li></ol><p>Pour être déviant, il faut ne pas être conforme aux normes et être étiqueté comme tel. Or, comme les normes varient selon les sociétés et les groupes sociaux, un comportement peut être déviant pour cette culture et pas pour d’autres. Cela dépend des lois et des règles sociales de chaque société et de chaque groupe social.</p><ol><li>La déviance est le résultat de différents processus sociaux</li></ol><p>La déviance est une suite d’interactions sociales qui aboutissent à étiqueter certains comportements comme déviants</p><p>Transgresser une norme ne suffit pas pour être considéré comme déviant, il faut que cela se sache, que ce soit visible, il faut que le comportement soit étiqueté comme déviant par les autres. C’est alors le contrôle social, la société qui crée la déviance : on ne naît pas déviant, on le devient sous le regard des autres.&nbsp;</p><p>On distingue la déviance primaire : transgression de la norme de la déviance secondaire : étiquetage par les autres d’un comportement déviant. On parle alors de stigmatisation : c’est parce que les autres considèrent notre comportement comme déviant que l’on devient déviant.</p><p>La déviance se construit par un processus d’interactions sociales : être déviant c’est transgresser une norme et <strong>être étiqueté</strong> comme tel (on peut être déviant secrètement ou sans le savoir.</p><p>Ce sont les « entrepreneurs » de moral qui identifient des pratiques comme déviantes.</p><p>Lorsqu’un groupe accorde une étiquette péjorative à un autre, on parle de <strong>stigmatisation</strong>. Les individus stigmatisés peuvent alors intérioriser cette image négative et accentuer leur comportement déviant.</p><p>L’individu peut alors soit revenir à la norme dominante, soit renforcer son comportement déviant en cherchant d’autres individus pour partager la même norme transgressée et former un groupe social.</p><p>Certains individus apprennent à être déviants dès le plus jeune âge : ils apprennent à transgresser une ou des normes, intègre un groupe déviant, apprennent les nouvelles normes du groupe déviant : on peut alors parler de <strong>carrière déviante</strong> dont on peut sortir ou pas.&nbsp;</p><ol><li>Comment mesurer la délinquance&nbsp;?</li></ol><p>4.1 La délinquance : une forme particulière de déviance</p><p>-la délinquance n’est qu’une forme particulière de déviance : celle qui conduit à une sanction pénale Exemples</p><p>-comme pour la déviance en général, on ne devient délinquant que lorsqu’on est étiqueté comme tel : par exemple, tous les individus à un moment donné transgressent les règles du code de la route, ils ne sont considérés comme délinquants que le jour où ils se font attraper c'est-à-dire sanctionner par les instances du contrôle social formel</p><p>Une pratique peut devenir un acte délinquant par changement de la loi (exemple : l’occupation des halls d’immeuble) alors qu’une autre peut être dépénalisée (exemple : certaines formes de délinquance financière)</p><p>4.2 La mesure de la délinquance</p><p>&nbsp;&nbsp;La mesure de la délinquance pose problème car on mesure surtout le travail des services de police : mieux ils travaillent, plus la délinquance augmente.</p><p>De plus, la délinquance mesurée ne relève que des plaintes déposées : on parle de chiffre noir de la délinquance la différence entre la criminalité réelle et celle mesurée.</p><p>Du coup, les statisticiens proposent de compléter les chiffres des déclarations de police avec ceux des enquêtes de victimation, qui mesure les déclarations des individus en matière de délinquance subie.</p>","updatedAt":"9 janvier 2021"},{"title":"Chapitre 2 : Comment se construisent et évoluent les liens sociaux ?","slug":"Chapitre-2-:-Comment-se-construisent-et-evoluent-les-liens-sociaux","content":"<ol><li>La diversité des liens sociaux</li></ol><p>Les liens qui relient les individus au sein des différents groupes sociaux&nbsp;(famille, groupe de pairs, groupe professionnel, associations, réseaux sociaux,… ) sont divers&nbsp;: liens familiaux, liens amicaux, liens professionnels, liens politiques, liens associatifs Les relations qui unissent les individus entre eux sont plus ou moins directes, plus ou moins profondes, elles naissent dans des circonstances différentes mais elles ont pour point commun le fait de rapprocher les individus entre eux, de les unir. On regroupe toutes ces relations sous la notion de <strong>lien social, </strong>c’est à dire l’ensemble des relations qui unissent les individus dans leur vie quotidienne et assurent ainsi l’unité, la cohésion sociale de la société. Le lien social est donc le ciment qui fait qu’une société tienne ensemble, c’est lui qui explique que les individus si différents qui composent la société, forment un tout au sein de la société à laquelle ils appartiennent, dans laquelle ils sont intégrés.</p><ol><li>Groupe social et catégorie sociale</li></ol><p>Il existe de nombreux critères qui permettent de classer les individus dans différentes catégories sociales, mais pour former un groupe social, il faut que la catégorie sociale soit homogène et qu’il y ait une interaction entre plusieurs personnes qui se définissent comme appartenant au même groupe social.</p><p>Les PCS sont une nomenclature mis en place par l’INSEE afin d’étudier la structure sociale. Il s’agit donc de regrouper les individus dans des catégories statistiques en fonction de différents critères. L’objectif est d’obtenir des catégories homogènes socialement c’est à dire qui vont regrouper des individus qui se ressemblent, qui ont des pratiques sociales et culturelles similaires. Il n’y a ici aucune logique de hiérarchisation, il s’agit d’un simple regroupement statistique en catégories sociales.</p><p>Il y a 8 catégories socioprofessionnelles, 6 regroupent des actifs et 2 des inactifs.</p><p>Logique de construction&nbsp;:&nbsp;</p><figure class=\"image\"><img src=\"https://res.cloudinary.com/ses-noailles/image/upload/v1609815906/Capture_d_ecran_2021_01_05_a_04_04_52_f3ff3cf553.png\" alt=\"\"><figcaption>Logique de constuction</figcaption></figure><p>Remarque&nbsp;:&nbsp;</p><ul><li>A aucun moment le critère de revenu n’apparaît dans la nomenclature.</li><li>Cette nomenclature est utile pour étudier la structure sociale car elle permet à la fois de mettre en évidence les évolutions de la structure sociale et les différences sociales.</li><li>Cette nomenclature n’est pas sans défauts parce que les catégories ne sont pas toujours très homogènes et parce que certaines évolutions de la société le rende moins pertinente (ex&nbsp;: la montée de la précarité remet en cause le regroupement professionnel car on sein d’une même on aura des situations très différentes selon le degré de précarité de l’emploi)</li></ul><ol><li>L’évolution des formes de solidarité</li><li>Le processus d’individualisation change les formes de solidarité</li></ol><p>Le processus d’individualisation caractérise les sociétés modernes&nbsp;; les individus revendiquent leur autonomie et leur indépendance vis-à-vis des groupes sociaux traditionnels (famille, religion, village) ce qui conduit à une transformation des liens sociaux&nbsp;: les individus continuent de former des groupes sociaux mais ils considèrent de plus en plus les liens qui les unissent à ces groupes comme des liens choisis qui ne doivent pas entraver leur épanouissement personnel. Il ne faut pas retenir que les dangers qui accompagnent la montée de l'individualisme. L'individualisation ne doit pas être confondu avec l’individualisme. L’individualisme est un comportement qui consiste à ne penser qu’à son intérêt particulier. L’individualisation est un processus d’épanouissement, de prise en compte dans les sociétés de l’importance de l’individu: la liberté ne s'oppose pas à&nbsp; la solidarité, l'autonomie ne conduit pas nécessairement à&nbsp; l'isolement.</p><ol><li>De la solidarité mécanique à la solidarité organique</li></ol><p>Les formes du lien social évoluent selon les sociétés.<strong> Durkheim distingue deux formes historiques de solidarité sociale.</strong></p><ol><li>La solidarité mécanique qui caractérise les sociétés dites traditionnelles&nbsp;: forme de lien social et principe d’organisation de la société fondé sur la similitude des membres du groupe.</li></ol><p>Dans ces sociétés, les individus membres sont très peu différenciés, mais semblables et interchangeables dans leurs fonctions économiques. Ainsi, «&nbsp;<i>la conscience collective recouvre exactement notre conscience totale et coïncide de tous points avec elle : mais à ce moment, notre individualité est nulle (...), nous ne sommes plus nous même mais l’être collectif</i>&nbsp;».</p><p>Chaque individu adhère à des valeurs et des croyances communes, il est fortement intégré au groupe, la conscience collective domine avec force les consciences individuelles.</p><ol><li>La solidarité organique qui caractérise les sociétés modernes (ou industrielles)&nbsp;: forme de lien social et principe d’organisation de la société fondé sur la complémentarité et la différenciation des membres du groupe.</li></ol><p>Cette nouvelle forme de solidarité n’est pas fondée sur la ressemblance et l’interchangeabilité de ses membres mais sur leurs différences et leur complémentarité. La conscience collective, tout en restant présente, impose une coercition moindre en laissant, de par leurs différences, des possibilités d’action aux individus (importance accrue des consciences individuelles).</p><p>Là où la solidarité mécanique créait un lien social entre les individus fondé sur leur ressemblance (accompagné d’une conscience collective fortement coercitive), la solidarité organique instaure un lien social fondé sur leurs différences et donc implique une situation d’interdépendance entre eux (la conscience collective est dans ce cas moins coercitive).</p><p>La thèse centrale développée par Durkheim est que la division du travail social produit de la solidarité sociale. Elle a donc une action paradoxale car d’une part elle permet une différenciation, une individualisation des membres de la société; mais d’autre part, elle renforce la cohésion sociale, car chaque individu a d’autant plus besoin des autres pour vivre, parce qu’il est lui-même spécialisé dans une activité (situation d’interdépendance).</p><p>Pour Durkheim cependant, l’apparition de nouveaux liens sociaux, liés à la complémentarité n’a pas fait disparaître les liens communautaires (par ex, l’importance de la famille)</p><ol><li>Comment les nouvelles sociabilités numériques contribuent-elles au lien social&nbsp;?</li></ol><p>L’utilisation des NTIC est très différente selon les PCS et l’âge. Les PCS favorisées et les séniors utilisent moins les réseaux sociaux et davantage pour y puiser du contenu ou pour des raisons utilitaires.</p><p>Les sociabilités numériques c’est-à-dire les liens sociaux crées par internet ne sont pas totalement des liens sociaux réels&nbsp;: la majorité des amis virtuels sont aussi des amis que l’on côtoie dans le monde réel. Dans ce sens, les sociabilités numériques viennent renforcer les liens sociaux existants. Elles permettent aussi de réactiver d’anciennes relations sociales et d’en créer de nouvelles.</p><ol><li>Pourquoi les individus sont-ils exposés à l’affaiblissement ou à la rupture des liens sociaux&nbsp;?</li></ol><p>Certaines transformations sociales récentes peuvent provoquer un affaiblissement des liens sociaux&nbsp;:</p><p>-les transformations de la famille</p><p>-la montée du chômage et de la précarité&nbsp;</p><p>-la ségrégation spatiale (enclavement des zones rurales, disparition des services publics)</p><p>Ces facteurs de fragilisation du lien social sont souvent cumulatifs.&nbsp;</p><p>Le terme d’exclusion sociale en sociologie a été remplacé par celui de <strong>désaffiliation </strong>(R.Castel) . Il ne présente pas que la pauvreté comme facteur explicatif mais plutôt un processus progressif de rupture des liens sociaux (en particulier les liens professionnels et familiaux). S.Paugam parle lui plutôt de <strong>disqualification</strong> pour exprimer l’idée que cette rupture progressive des liens sociaux s’accompagne d’un processus de stigmatisation («&nbsp;disqualification&nbsp;») des individus qui se voient progressivement affubler de l’étiquette d’assistés.&nbsp;</p>","updatedAt":"9 janvier 2021"},{"title":"Chapitre 4 : Voter : une affaire individuelle ou collective ?","slug":"Chapitre-4-:-Voter-:-une-affaire-individuelle-ou-collective","content":"<h1>&nbsp;</h1><h2>1.Comment mesurer et expliquer la participation électorale&nbsp;?</h2><h3>1.1.La mesure de la participation électorale</h3><p>La participation électorale est le fait pour un individu d’aller voter :</p><ul><li>soit par un suffrage exprimé</li><li>soit par un vote blanc</li><li>soit par un vote nul</li></ul><p>L’abstention électorale concerne les gens qui ne vont pas voter.</p><p>Le taux de participation électorale = suffrages exprimés / nombre d’inscrits sur les listes électorales x 100</p><p>Le taux d’abstention = Nombre de personnes n’ayant pas voté / nombre d’inscrits x 100</p><p>Le taux d’inscription = nombre d’inscrits / français âgés de 18 ans et +</p><h3>1.2.La participation électorale s’explique par différents facteurs</h3><p>La participation électorale peut s’expliquer par une :</p><ul><li>non inscription sur les listes électorales</li><li>mal-inscription sur les listes électorales (par ex pour les gens qui ont déménagé</li></ul><p>La participation électorale (et donc l’abstention) peut s’expliquer par des variables individuelles socio-économiques : l’âge, le revenu, le niveau de diplôme,…</p><p>La participation électorale peut s’expliquer par des variables contextuelles, c’est-à-dire le contexte politique : par exemple, l’abstention massive aux élections municipales de mars 2020 s’explique par le contexte du Coronavirus.</p><p>Par exemple, l’abstention est plus forte aux élections européennes qu’aux élections présidentielles</p><p>On peut distinguer deux formes d’abstentions :</p><ul><li>l’abstention «&nbsp;hors-jeu&nbsp;»: concerne des personnes qui ont une faible intégration sociale et un faible intérêt pour la politique</li><li>l’abstention dans le jeu: concerne des personnes qui s’abstiennent par choix, comme une sanction de l’offre politique: ils ne se reconnaissent dans aucun parti, leur abstention est une forme de protestation.</li></ul><p>Leur abstention peut être intermittente ou systématique.</p><h2>2.Quels sont les déterminants du vote&nbsp;?</h2><h3>2.1.Le vote est un acte individuel</h3><p>⇒ le vote est l’expression de préférences individuelles face à des enjeux et à l’offre électorale</p><p>Vote sur enjeu&nbsp;: le choix de l’électeur dépend des enjeux propres à chaque élection: la configuration électorale (mode de scrutin, partis en présence, etc.), la stratégie électorale (alliances, etc.) et la conjoncture (attentats, crise et montée du chômage, scandale concernant un candidat, etc.&nbsp;</p><p>Les électeurs font des choix électoraux en fonction des enjeux de chaque élection qui viennent «&nbsp;résonner&nbsp;» avec leur socialisation. (par exemple, ils aiment ou ils n’aiment pas le programme de tel candidat)</p><h3>2.2.Le vote est aussi un acte collectif</h3><p>Le vote est un acte collectif, il affirme l’appartenance de l’électeur à un groupe social.</p><p>Il est donc déterminé par des variables socio-&nbsp;économiques: l’âge, le genre, le niveau de diplôme, la religion,…</p><p>Cela s’explique par le fait que l’individu (et donc son vote) est en partie déterminé par sa socialisation (primaire et secondaire)&nbsp;:</p><p>Les enfants ont un comportement électoral assez semblable à celui de leurs parents:</p><ul><li>s’ils sont abstentionnistes, leurs enfants le sont le plus souvent aussi</li><li>s’ils votent à droite, leurs enfants aussi (mais pas forcément pour le même parti)</li></ul><p>Le vote n’est donc pas qu’un choix individuel, puisqu’il dépend de notre socialisation:</p><ul><li>la socialisation primaire détermine surtout notre appartenance droite/gauche</li><li>la socialisation secondaire affine nos préférences par exemple à un parti</li></ul><h2>3.Comment expliquer la volatilité électorale&nbsp;?</h2><h3>3.1.La volatilité électorale peut prendre des formes variées</h3><ul><li>voter pour la droite à une élection puis pour la gauche à une autre</li><li>voter pour un parti puis pour un autre</li><li>voter à une élection et s’abstenir à une autre</li></ul><h3>3.2.Elle peut refléter l’affaiblissement de certaines variables sociales</h3><p>Par exemple, comme l’appartenance religieuse aujourd’hui s’est affaiblie, elle est donc moins un déterminant du vote.</p><p>Comme les différences homme/femme se resserrent, la différence de vote aussi.</p><p>Comme les ouvriers ont des situations de plus en plus hétérogènes, leur vote se diversifie. (déclin du vote de classe)</p><h3>3.3.Elle peut refléter le déclin de l’identification politique</h3><p>En particulier, avec l’élection présidentielle de 2017, le clivage droite/gauche s’affaiblit: LREM compte des personnalités issues de la droite et de la gauche</p><p>Conclusion&nbsp;: De plus en plus d’électeurs sont indécis et vont voter en fonction des enjeux de l’élection (vote stratège).</p>","updatedAt":"12 janvier 2021"},{"title":"Chapitre 1 : Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement des individus ?","slug":"Chapitre-1-:-Comment-la-socialisation-contribue-t-elle-a-expliquer-les-differences-de-comportement-des-individus","content":"<h1>La socialisation fait de l’individu un être social</h1><h3>Qu’est-ce que la socialisation&nbsp;?</h3><p>Définition&nbsp;: Processus d’acquisition des connaissances, des modèles, des symboles,… bref des manières de faire, de penser et de sentir&nbsp;» M.Darmon</p><p>Ou processus d’intériorisation des normes et des valeurs qui permet aux individus de s’intégrer socialement</p><p>Processus&nbsp;: c’est un phénomène complexe de longue durée.</p><p>Intériorisation&nbsp;: on ne fait pas qu’apprendre, on intériorise des comportements qui deviennent naturels, on n’a plus besoin de réfléchir pour le faire (ex piano).</p><p>Normes&nbsp;: règles sociales et juridiques.</p><p>Valeurs&nbsp;: ce sont des idéaux, des principes, des grandes valeurs fondatrices de nos sociétés mais aussi celles propres à chaque groupe social.</p><p>La socialisation se distingue de l’éducation, elle ne se confond pas avec elle car elle n’est pas qu’explicite (elle peut être implicite). La socialisation permet de ne pas seulement apprendre mais aussi d’intérioriser des normes et des valeurs ce qui permet aux individus de se les approprier et d’agir librement. La socialisation se distingue de l’éducation parce que les acteurs ne sont pas les mêmes (il y a la famille et l’école, mais aussi les médias, les camarades, les associations qui jouent un rôle dans la socialisation) et la socialisation ne se passe pas que pendant l’enfance, mais tout au long de la vie.</p><h3>De la socialisation primaire à la socialisation secondaire</h3><p>On distingue la socialisation primaire de la socialisation secondaire&nbsp;:</p><h4>La socialisation primaire&nbsp;</h4><p>La socialisation primaire désigne le processus de socialisation qui se déroule pendant l’enfance (socialisation par les parents et par l’école surtout), alors que la socialisation secondaire correspond à la socialisation à l’âge adulte.</p><p>Attention, la socialisation primaire se fait la plupart du temps des parents vers les enfants, mais il arrive que les enfants socialisent les parents (par exemple, avec un téléphone portable).</p><p>La famille a un rôle socialisateur privilégié envers l’enfant parce qu’elle est tout le temps présente et par son aspect affectif&nbsp;; mais ce n’est pas le seul agent socialisateur et dès la socialisation primaire, l’enfant est en contact avec un grand nombre d’agents socialisateurs&nbsp;: autres membres de la famille, école, amis, médias …&nbsp;</p><p>Si l’école est une instance centrale de socialisation primaire, ce n’est pas seulement par les normes et les connaissances qu’elle transmet, c’est aussi parce que c’est un lieu de socialisation par les «&nbsp;pairs&nbsp;»&nbsp;: par ceux qui sont comme nous, qui nous ressemble, par les autres élèves.</p><p>Cette socialisation par les pairs à l’école durera tout au long de la scolarité et sera remplacée par celle du milieu professionnel à l’âge adulte.</p><h4>La socialisation secondaire</h4><p>La socialisation secondaire est celle qui intervient à l’âge adulte. C’est encore une socialisation plurielle qui se fait dans le prolongement de la socialisation primaire. Les acteurs de la socialisation primaire sont encore présents et continuent de jouer leur rôle socialisateur.</p><p>Ce qui est spécifique à la socialisation secondaire c’est l’arrivée de nouveaux acteurs importants&nbsp;: le monde professionnel, le conjoint, les éventuels enfants, le réseau associatif, …&nbsp;</p><p>Par exemple&nbsp;:</p><ul><li>la socialisation professionnelle va passer par l’apprentissage du métier mais aussi par l’intériorisation d’un certain nombre de normes propres à la profession (à utiliser dans le cadre professionnel ou non par exemple la ponctualité)</li><li>La socialisation par le conjoint est multiple&nbsp;: elle se fait par l’intériorisation de nouvelles normes, d’habitudes propres au couple, de comportements implicites, qui déterminent aussi les relations avec l’extérieur (par exemple, certains amis vont rester, d’autres pas)</li></ul><p>La socialisation secondaire se fait à partir d’un individu déjà construit. Les normes et les valeurs nouvelles intériorisées à l’âge adulte seront le plus souvent des adaptations, des prolongements, des réinterprétations de celles intériorisées dans l’enfance. Ainsi, on choisit le plus souvent son conjoint dans le même groupe social que le sien (homogamie sociale) et avec des normes et des valeurs très proches. De même, il est rare qu’un individu choisisse d’exercer une profession qui ne correspond pas aux normes et aux valeurs de son groupe d’appartenance.</p><p>La socialisation n’est pas linéaire&nbsp;: l’identité sociale varie au cours du temps du fait de la progression professionnelle, mais aussi du changement de statut familial, des différents évènements de la vie (évènements personnels ou politiques par exemple). Certaines expériences peuvent conduire à un remodelage de l’identité sociale&nbsp;: un divorce, un licenciement, un changement d’activité professionnelle, l’émigration,… peuvent conduire à une transformation des normes et des valeurs propres à l’individu. L’identité sociale d’un individu est donc le résultat d’un processus complexe lié à la multitude des expériences socialisatrices des individus&nbsp;: l’homme est pluriel&nbsp;!</p><h3>La socialisation détermine en partie les comportements des individus&nbsp;</h3><h4>La socialisation différenciée selon le genre induit des choix d’études et de professions stéréotypés.</h4><p>L’utilisation du concept de «&nbsp;genre&nbsp;» permet de signifier qu’il y a une différence entre le sexe biologique et le genre sociologique&nbsp;: le genre se construit socialement. «&nbsp;On ne nait pas femme, on le devient&nbsp;» Simone de Beauvoir.<br>&nbsp;</p><p>Dire qu’il y a une socialisation différenciée selon le genre signifie que les filles et les garçons ne sont pas socialisés de la même manière ce qui les conduit à intérioriser des stéréotypes de genre&nbsp;:</p><p>Que ce soit la famille, les pairs, les médias ou même l’Ecole, les acteurs de la socialisation ne vont pas avoir les mêmes attentes des filles et des garçons et ne vont donc pas valoriser les mêmes comportements. Les garçons vont intérioriser qu’il faut être fort, viril, un super-héros, un explorateur,… alors que les petites filles intériorisent qu’elles doivent être belles, sages et que leur rôle est de s’occuper des tâches domestiques et des enfants, notamment par l’intermédiaire des jouets qu’on leur offre.<br>&nbsp;</p><p>Ces normes et ses valeurs genrées pourraient sembler naturelles si elles existaient dans toutes les sociétés humaines. Or, ce n’est pas le cas. Il existe beaucoup de sociétés matriarcales (la plus connue étant celles des Amazones).&nbsp;</p><p>Les normes et les valeurs genrées pourraient être regarder comme le résultat d’une simple différence&nbsp;: les hommes aiment le bleu, les filles aiment le rose, et alors&nbsp;? Mais ces différences de normes et de valeurs vont entraîner des inégalités importantes.</p><p>Par cette socialisation différenciée, les femmes ont intériorisé que leur rôle est de s’occuper des tâches domestiques et des enfants (les hommes de leur carrière)&nbsp;:</p><ul><li>du coup, très jeunes elles considèrent qu’elles doivent suivre des études plus tournées vers l’aide aux autres et moins vers les sciences</li><li>elles choisissent des métiers le plus souvent dans les services à la personne qui est un secteur moins rémunéré</li><li>elles consacrent moins de temps à leur carrière (par exemple, elles font moins d’heures supplémentaires car plus de travail domestique), et travaillent plus souvent à temps partiel (pour pouvoir s’occuper des enfants)</li><li>elles acceptent moins souvent des postes à responsabilité</li></ul><p>La socialisation est d’autant plus forte qu’elle exerce une forme d’autocensure&nbsp;: les filles ne choisissent pas autant que les garçons les carrières scientifiques car elles pensent qu’elles «&nbsp;ne sont pas bonnes en sciences&nbsp;», elles ne choisissent pas les carrières les plus prestigieuse, car elles pensent qu’elles doivent avoir un métier qui leur permettent de concilier vie familiale et vie professionnelle.</p><p>-de plus, une partie des inégalités de salaire hommes/femmes est due à une pure discrimination à l’embauche&nbsp;</p><p>CONCLUSION&nbsp;: La socialisation différenciée entre les filles et les garçons entraîne des inégalités économiques entre les hommes et les femmes&nbsp;: les femmes sont moins bien payées, elles se retrouvent plus souvent que les hommes en situation de pauvreté lors d’un divorce, elles ont une retraite plus faible, etc.<br>Ces inégalités économiques s’accompagnent d’inégalités sociales&nbsp;: les femmes sont sous-représentées dans les postes de direction, elles sont sous-représentées politiquement et moins reconnues dans l’espace public (ex des scientifiques ou des violences faites aux femmes)</p><h4>La socialisation différenciée selon le milieu social induit une inégale réussite scolaire</h4><p>La réussite scolaire est corrélée à l’origine sociale : plus les enfants sont issus d’une origine sociale élevée dans la hiérarchie sociale, plus ils ont de chances de réussir scolairement.<br>&nbsp;</p><p>Les inégalités de réussite scolaire selon le milieu social s’expliquent par le fait que&nbsp;:</p><ul><li>les enfants de milieux favorisés ont intériorisé dès le plus jeune âge des normes et des valeurs, un capital culturel valorisé à l’école&nbsp;: un langage soutenu, des jeux éducatifs, les loisirs culturels (lecture, musée, cinéma, théâtre, …).&nbsp; De ce fait, les enfants issus de milieux favorisés ont intériorisé dans leur famille les attentes de l’Ecole, ils ont donc plus de chances d’y réussir contrairement aux enfants de milieux populaires qui doivent intérioriser des manières de parler, d’agir…différentes de celles de leur famille et peu valorisés par elle, ce qui représente pour eux un « défi » supplémentaire pour réussir.<br>Ce qui fait de ces différences des inégalités est que la culture valorisée à l’école ne correspond qu’au capital culturel des milieux favorisés, et donc détermine des inégalités de réussite scolaire selon le milieu socialCe qui fait de ces différences des inégalités est que la culture valorisée à l’école ne correspond qu’au capital culturel des milieux favorisés, et donc détermine des inégalités de réussite scolaire selon le milieu social</li><li>les parents de milieux favorisés se mobilisent davantage pour la réussite scolaire de leurs enfants (cahiers de vacances, choix de l’établissement, cours particulier, suivi de l’enfant,…)</li><li>les parents d’origine sociale modeste vont accepter plus facilement que leurs enfants fassent peu d’études</li><li>les parents qui ont des revenus plus élevés peuvent donner de meilleures conditions d’études à leurs enfants (cours particulier, école privée, logement,…)</li><li>On peut voir qu’aujourd’hui en France, il y une reproduction sociale des catégories socio-professionnelles&nbsp;: les enfants de cadres ont plus de chances de devenir cadres que les enfants d’ouvriers.</li></ul><p>Cela est lié à la possession d’un capital culturel moins valorisé qui donnera moins de chances de réussite scolaire, mais aussi par la possession d’un capital social différent qui donnera moins de chances d’accès à des postes prestigieux&nbsp;: les enfants de cadres, même s’ils font peu d’études ou des études peu prestigieuses ont plus de chances de rentabiliser leur diplôme que les enfants d’ouvriers car ils disposent de relations sociales mieux placées dans la sphère hiérarchique et économique.</p><p>Cependant, la démocratisation de l’enseignement a permis de plus en plus aux individus de connaître une ascension sociale par le diplôme.</p><h4>La socialisation induit des choix politiques différents.</h4><figure class=\"image\"><img src=\"https://docs.google.com/drawings/d/sulB6tM2BIsUMWkQEVdTL1w/image?w=47&amp;h=43&amp;rev=1&amp;ac=1&amp;parent=1Y1gKgMQD23SKnFbRcqOcwq2yU93aX_qRzOyhN1PVpso\" alt=\"\"></figure><p>On constate qu’il est plus fréquent de voter comme ses parents que de manière totalement différente.<br>&nbsp;</p><p>En effet, au sein de la famille les enfants intériorisent un intérêt plus ou moins développé pour la politique, des «&nbsp;grilles de lecture, de jugement&nbsp;» (les attitudes politiques, la culture politique), des personnages politiques valorisés, des comportements politiques conventionnels (vote, adhésion à un parti) ou non conventionnels (manifestation, acte contestataire…)… qui vont influencer leurs choix politiques.&nbsp;</p><p>Dans la socialisation primaire, les enfants vont surtout intérioriser des valeurs fondamentales qui les positionnent implicitement sur l’échiquier politique (clivage droite/gauche), mais il faut attendre la socialisation secondaire (grâce à la rencontre avec d’autres agents socialisateurs ou la participation à des évènements politiques) pour que le choix politique des individus soit affiné&nbsp;: par ex l’identification à un parti.<br>&nbsp;</p><p>Conclusion&nbsp;: Nous avons montré comment la socialisation «&nbsp;détermine&nbsp;», oriente fortement bon nombre de nos comportements, ce constat permet de comprendre l’existence d’une certaine reproduction : les femmes et les hommes intériorisent des stéréotypes de genre, ce qui va déterminer l’ensemble de leurs comportements sociaux (de la pratique sportive à l’exercice de leur profession)&nbsp;; les places occupées dans la hiérarchie sociale par les nouvelles générations reproduisent fortement celles de leurs parents, les opinions politiques des enfants sont fortement influencées par celles de leurs parents&nbsp; …</p><h3>Mais de nombreuses situations font apparaître des «&nbsp;trajectoires improbables&nbsp;».</h3><p>Pourtant, des individus connaissent des trajectoires improbables, c’est-à-dire qui ne correspondent pas aux généralités statistiques constatées : des femmes font des sports ou des métiers « d’hommes » et vice-versa ; il y a des enfants qui occupent une position sociale éloignée de celle de leurs parents qui ont donc connu une mobilité sociale notamment du fait de leur rapport à l’école…<br>Ces situations, certes peu probables, peuvent s’expliquer par la diversité des configurations familiales, par la diversité des agents de la socialisation secondaire et par la pluralité des influences socialisatrices.</p><h4>La diversité des configurations familiales modifie les conditions de la socialisation des enfants et des adolescents.&nbsp;</h4><p>L’expression « configurations familiales » renvoit à la composition de la famille « couple parental, famille recomposée, taille de la fratrie, existence de relations plus ou moins fortes avec la famille élargie (les personnes reliées à l’enfant par des liens de filiation ou d’alliance et qui vont échanger avec lui « des relations effectives ayant des effets socialisateurs sur l’enfant »). Cette composition peut renvoyer au nombre de personnes, à leur statut (place dans la famille), la structure (couple parental, famille monoparentale, recomposée…) mais aussi aux caractéristiques culturelles des membres de la famille : niveau de diplôme identique entre le père et la mère, mode de vie, possession d’un patrimoine…</p><p>Ainsi, la multiplicité des configurations familiales fait que la socialisation familiale offre, en elle-même, une multiplicité de manières d’agir, de penser, de sentir que l’enfant va intérioriser et qui pourront s’avérer différentes de celles de son père, de sa mère, de ses frères et sœurs du fait des relations qui se nouent entre les différents individus de la famille restreinte et plus large (cousin.e.s, belle-famille…). Cela permet bien d’expliquer le constat de trajectoires improbables malgré la force de la socialisation familiale.</p><p>La multiplicité des configurations familiales va permettre dès la socialisation primaire à l’enfant d’intérioriser des normes et des valeurs diverses, parfois différentes de celles de leurs parents, leur donnant la possibilité de suivre un autre chemin, une autre destinée sociale, parfois même de connaître une ascension sociale.</p><h4>Les agents de la socialisation secondaire (professionnelle, conjugale, politique) peuvent modifier les trajectoires&nbsp;</h4><p>A l’âge adulte, la rencontre d’autres agents socialisateurs peut modifier nos normes et nos valeurs et changer nos trajectoires&nbsp;: une rencontre dans le monde professionnel, politique, une rencontre amoureuse peut changer notre destinée sociale.<br>&nbsp;</p><p>Le groupe d’appartenance est, pour un individu, le groupe social auquel il appartient de fait ; le groupe de référence est le groupe social auquel l’individu souhaiterait appartenir et donc auquel il se réfère. La socialisation anticipatrice est celle qui consiste à chercher à acquérir des normes et des valeurs propres à un groupe de référence auquel on souhaiterait appartenir et qui sont différentes de celles du groupe d’appartenance, du groupe social dont on vient. En effet, un individu peut chercher à acquérir sa propre identité sociale, à monter dans l’ascenseur social, à échapper à son milieu familial&nbsp;: par exemple, rentrer dans un nouveau groupe social (groupe de référence)&nbsp;: il s’y prépare, cherche à intérioriser les nouvelles normes et valeurs qui ne sont pas forcément celles de son groupe d’appartenance, dans le but d’obtenir un nouveau statut social&nbsp;(éventuellement de connaitre une mobilité sociale : on parle de socialisation anticipatrice.)&nbsp;<br>&nbsp;</p><p>Ces processus de socialisation s’articulent à la fois de façon diachronique (au cours du temps) et synchronique (à un moment donné).</p><p>M.DARMON distingue des socialisations&nbsp;secondaires:</p><ul><li>de renforcement lorsque les produits de la socialisation secondaire viennent fixer ceux de la socialisation primaire</li><li>de transformation&nbsp;: lorsque la socialisation secondaire modifie certains produits de la socialisation primaire dans certains domaines ou pour une certaine période</li><li>et de conversion&nbsp;: lorsque la socialisation secondaire a pour effet de déconstruire les produits de la socialisation primaire et de les remplacer par d’autres devenant «&nbsp;irréversibles&nbsp;» c’est-à-dire qui s’incrustent avec la même force que ceux de la socialisation primaire dans l’esprit et le corps de l’individu. Ce processus peut entrainer des ruptures parfois douloureuses avec le milieu social d’origine Parfois, le changement de statut social par rapport à celui de la famille d’origine peut avoir un coût important pour l’individu&nbsp;: perte de repères, perte des amis du groupe d’origine,…même si c’est aussi un enrichissement&nbsp;.</li></ul><h4>La pluralité des influences socialisatrices peut être à l’origine de trajectoires individuelles improbables.&nbsp;</h4><p>Les processus de socialisation sont suffisamment diversifiés pour ouvrir le champ des possibles des individus. Par exemple, la réussite scolaire est grandement déterminée par le milieu social d’origine et, a priori, les enfants de milieu populaire, et a fortiori ceux issus de l’immigration ne disposent pas ou peu du capital culturel valorisé à l’école. Mais, si les parents valorisent l’école et sa transmission des savoirs, et si les élèves ont la chance de rencontrer des enseignants impliqués dans leur mission, leur chance de réussite scolaire est plus grande. Ceci a aussi été permis par la démocratisation de l’enseignement&nbsp;: davantage d’élèves ont aujourd’hui accès aux études supérieures.</p><p>Du fait de la diversité des agents de socialisation, les individus ne fondent jamais l’ensemble de leurs manières de faire et de penser sur une référence unique&nbsp;: leurs trajectoires individuelles peuvent être alors très différentes de celles de leurs parents.</p><p><br>CONCLUSION&nbsp;: Les processus de socialisation durent toute la vie&nbsp;: ils forment et transforment les individus. Cependant, ils ne sont pas synonymes de conditionnement uniforme. En effet, même lors de la socialisation primaire familiale, l’individu peut être confronté à une multiplicité de modèles (du fait de configurations familiales), puis il est socialisé par l’école qui peut véhiculer des éléments culturels différents de la famille, il est aussi en contact avec des pairs, les médias, tout au long de sa vie qui vont lui apporter une multiplicité de références…ainsi la force des processus de socialisation, par leur continuité, leur multiplicité va créer un individu singulier. On comprend alors la possibilité de trajectoires improbables&nbsp;: certains individus sortent des grandes régularités statistiques. La socialisation familiale détermine donc une grande part de nos comportements, mais elle n’empêche pas la pluralité des influences et la famille est aussi en «&nbsp;concurrence&nbsp;» avec d’autres instances de socialisation.</p>","updatedAt":"9 janvier 2021"},{"title":"Chapitre 5 : l'opinion publique","slug":"Chapitre-5-:-l'opinion-publique","content":"<h1>INTRODUCTION&nbsp;: Qu’est-ce que l’opinion publique&nbsp;?</h1><p>Au XVIIIe siècle, avant la Révolution française, l’opinion publique désigne d’abord l’opinion d’une fraction limitée de la population&nbsp;: elle est produite par la discussion entre des esprits «&nbsp;éclairés&nbsp;» sur les bonnes décisions à prendre pour le pays.&nbsp;</p><p>Avec l’extension du droit de vote et de la démocratie, la volonté du peuple devient la principale source de légitimité du pouvoir. L’opinion publique devient alors l’opinion du plus grand nombre, l’opinion dominante sur un sujet d’intérêt général ou sur un problème social.&nbsp;</p><p>Elle est mesurée aujourd’hui par les sondages d’opinion, mais ceux-ci sont une construction politique et médiatique, historiquement située.&nbsp; Les sondages d’opinion ne représentent donc qu’une fraction de ce que pense la population sur des sujets dont les questions peuvent être fortement orientées.</p><h3><strong>1. Les méthodes de construction des sondages d’opinion</strong></h3><h4>1.1 Méthode aléatoire/méthode des quotas</h4><p>Les instituts de sondages constituent un échantillon représentatif qui va permettre d’éviter d’interroger des millions de personnes. Deux techniques de constitution des échantillons sont utilisées&nbsp;:</p><ul><li>la méthode aléatoire&nbsp;: par tirage au sort dans une liste de la population que l’on souhaite interroger.</li><li>la méthode des quotas&nbsp;: Il s’agit d’identifier des caractères (sexe, Age, PCS, etc.) susceptibles d’influencer l’opinion sur le sujet étudié. Ensuite, un échantillon va être constitué ayant la même proportion d’individu possédant ces caractéristiques que dans la population générale.</li></ul><p>Les méthodes récentes de sondage par internet ne garantissent pas le fait que les personnes répondant au sondage soient représentatives de la société française ni que leurs réponses sont honnêtes.</p><p>De plus, le mode de recueil des données n’est pas neutre (face-à-face, téléphone, internet).&nbsp;</p><p>Selon le contexte social ou le moment historique, l’opinion mesurée n’est plus la même. Pour le contexte social, interroger un individu sur ses opinions politiques dans une réunion de parti politique dont il est membre et devant les autres adhérents, ou seul chez lui, ne donne pas les mêmes résultats. De même une question sur le rétablissement de la peine de mort posée au lendemain de la révélation d’un crime odieux, modifie les opinions recueillies, par rapport à la période ordinaire.</p><h4>1.2 La formulation des questions</h4><p>Un sondage nécessite la réalisation d’un questionnaire qui peut comporter des questions ouvertes (permettant un développement) et des questions fermées (oui/non par ex).</p><p>La formulation des questions n’est pas neutre.</p><p>Par exemple, lorsqu’il y a la possibilité de répondre «&nbsp;sans avis&nbsp;», le nombre de sans réponses est plus fort dans les milieux défavorisés. Lorsqu’il n’y a pas de possibilité de répondre «&nbsp;sans avis&nbsp;», on peut se demander est-ce que, pour ne pas paraître ignorant, les personnes interrogées ne répondraient-elles pas parfois au hasard ?</p><p>Les questions posées reflètent très souvent les préoccupations des <strong>commanditaires</strong> du sondage et sont formulées de telle manière qu’elles aboutissent au résultat escompté.</p><h4>1.3 Les marges d’erreur</h4><p>Il existe une marge d’erreur qui varie en fonction de la taille de l’échantillon. Plus l’échantillon est petit plus la marge d’erreur est grande.</p><p>Par exemple, si on a un échantillon de 1000 personnes interrogées et que le résultat trouvé est de 50% (par ex en faveur d’un candidat à l’élection présidentielle) la marge d’erreur est de 3.1%&nbsp;: le candidat peut donc avoir 46.9% ou 53.1% d’opinion favorable, chiffres qui changeraient fondamentalement le résultat de l’élection.</p><h3><strong>2. Quelle est l’influence des sondages d’opinion&nbsp;?</strong></h3><p>Malgré les critiques, les sondages se multiplient et ils jouent un rôle de plus en plus important dans le fonctionnement de la démocratie. On parle de démocratie d’opinion.</p><blockquote><p><strong>DEMOCRATIE D’OPINION&nbsp;: mode d’exercice de la démocratie dans lequel l’opinion publique, construite par les sondages, devient l’acteur central de la vie politique qui influence l’action des gouvernants et des partis politique. Hachette.</strong></p></blockquote><p>Elle est caractérisée par la personnalisation des candidats, l’emprise des médias et des sondages et de plus en plus des réseaux sociaux, le marketing politique (la petite phrase par ex).</p><ul><li>Effets ambigus sur participation électorale&nbsp;: Lors des élections on peut s’interroger sur l’influence des sondages politiques sur le vote. Effet «&nbsp;bandwagon&nbsp;» (effet d’entrainement qui bénéficie au candidat en tête dans les sondages) ou effet «&nbsp;underdog&nbsp;» (remobilisation pour le candidat donné perdant). Ou alors augmenter l’abstention car tout est déjà joué&nbsp;!</li></ul><p>Pour éviter la manipulation des opinions, les sondages électoraux sont interdits dans la semaine qui précède les élections.</p><ul><li>Apports&nbsp;positifs des sondages : ils alimentent le débat public et illustrent la diversité des opinions, permettent de mieux connaitre les préférences des citoyens et de forger cette opinion. Ex&nbsp;: sur la question du nucléaire ou des questions d’écologie.</li></ul><p>Ils fournissent au gouvernement des informations (en dehors des élections) et permettent d’orienter son action. Ex&nbsp;: hausse de pouvoir d’achat suite aux manifestations des gilets jaunes. Ainsi, l’opinion publique assure un contrôle permanent des dirigeants politiques au-delà de la séparation des pouvoirs.&nbsp;</p><ul><li>Effets négatifs&nbsp;: Les sondages sont utilisés par des lobbies pour manipuler les citoyens (fake news).&nbsp; Les sondages influencent les programmes politiques, le choix des candidats et les mesures politique prises (ex&nbsp;: inciter les politiques à privilégier le court terme et des mesures populaires). La communication politique doit en tenir compte. Ex&nbsp;: se montrer sur les lieux d’une catastrophe, les petites phrases chocs, etc.</li></ul><p style=\"margin-left:36pt;\">La médiatisation croissante et le markéting politique transformeraient la scène politique en un théâtre de l’apparence et de l’émotion.</p><p>Conclusion&nbsp;: Avec la multiplication des sondages, les instituts ont réussi à faire croire en l’existence de l’opinion publique qu’ils prétendent mesurer. Puisque le personnel politique et les journalistes croient aujourd’hui à l’opinion publique, les mouvements que lui prêtent les instituts de sondage ont des effets politiques sur la stratégie des hommes politiques et les analyses des médias. L’opinion publique que mesurent ces instituts a de ce fait acquis une existence.</p>","updatedAt":"9 janvier 2021"}],"level":{"title":"Première","slug":"Premiere"}}},"pageContext":{"slug":"Partie-2-:-Sociologie-et-Science-Politique","slugChapter":"Chapitre-5-:-l'opinion-publique"}},"staticQueryHashes":["1486038727","3649515864","63159454"]}